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Articles sur l'Énergétique Hologrammique

Cette page vous propose quelques textes fondamentaux permettant d'introduire à l'Energétique Fréquentielle Hologrammique et à sa pratique. Nous partirons de la notion d'énergie pour découvrir l'hologrammie, puis l'apport scientifique de Pribram et de Bohm et enfin le Concept Morphique, clef de la pratique énergétique. D'autres textes seront proposés par la suite, directement inspirés des séminaires de formation.

 

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La guerre des étoiles

Exprimées dans les mêmes termes, les théories de Pribram et de Bohm portent un regard totalement neuf sur le monde. Notre cerveau construit mathématiquement une réalité objective par l'interprétation de fréquences qui sont en dernier ressort des projections d'une autre dimension, d'un ordre d'existence plus profond situé par-delà l'espace et le temps. Le cerveau est un hologramme enveloppé dans un univers holographique.                                                                                                                                               

Karl Pribram

Dans La Guerre des Étoiles, le robot D2-R2, matérialise, grâce à un rayonnement laser, une petite réplique en relief de la princesse Leia. Il s'agit d'une image tridimensionnelle dite hologrammique.

Certains savants commencent à penser que l'univers même serait un gigantesque hologramme, d'illusion extraordinairement détaillée, tout à la fois réelle, matérielle et irréelle, immatérielle.

Les principaux architectes de cette sidérante hypothèse sont deux chercheurs éminents: David Bohm de l'université de Londres et Karl Pribram, neurophysiologiste à la Stamford University, auteur d'un classique en la matière : Languages of the Brain (Les Langages du Cerveau). Partis de bases fort différentes, Bohm et Pribram parvinrent chacun de leur côté aux mêmes conclusions. La nature holographique de l'univers ne s'insinua dans l'esprit de Bohm qu'après des années de malaise devant l'incapacité des théories classiques à rendre compte de l'ensemble des phénomènes rencontrés en physique quantique. Quant à Pribram, ce fut le constat de l'échec des descriptions traditionnelles du cerveau, qui le décida à travailler sur un concept globaliste. Le Dr F. David Peat, physicien de la Queen's University canadienne, publie son Synchronicity :  (La synchronicité : passerelle entre l'esprit et la matière); Il  y exprime l'idée que la synchronicité décrite par Jung: coïncidences parfaitement insolites et riches de sens qui ne peuvent raisonnablement résulter du hasard seul, trouve une explication dans le modèle holographique. Elle  trahirait chez nous des processus de pensée bien plus étroitement connectés au monde physique que nous ne le soupçonnions.

Ce qui amena Pribram à concevoir son modèle holographique fut la question de la mémoire. Il  s' intéressa à ce problème au tout début des années quarante, alors que leur localisation dans le cerveau, faisait la quasi-unanimité. On s'en tenait à l'hypothèse que chaque souvenir, laissait sa trace quelque part dans les cellules cérébrales: des engrammes, dont personne n'était à même d'en préciser la nature.

Jeune interne en neurochirurgie, Pribram n'avait pas la moindre raison de mettre en doute la théorie des engrammes mise au goût du jour par Penfield. Puis quelque chose vint radicalement et à jamais modifier son point de vue. En 1946, il fut amené à travailler auprès du grand neuropsycho-logue Karl Lashley, qui, depuis plus de trente ans, traquait les mécanismes élusifs de la mémoire. Pribram constata que non seulement Lashley n'arrivait pas à produire la moindre preuve de l'existence des engrammes, mais que ses recherches semblaient bien au contraire saper une à une les, découvertes de Penfield.

A Yale, Pribram continua de réfléchir sur une éventuelle distribution des souvenirs dans l'ensemble du cerveau et, plus il explorait cette hypothèse, plus il en sentait la cohérence. Les patients dont on avait retiré une 'partie du cerveau pour raison médicale ne perdaient jamais tel ou tel de leurs souvenirs. Nul accidenté de la route victime d'un grave traumatisme crânien n'était frappé d'amnésie partielle.

Mais les indices de plus en plus nets d'une distribution de chaque souvenir dans l'ensemble du cerveau n'expliquaient toujours pas comment ce dernier s'y prenait. C'est au milieu des années soixante, que  Pribram étudia un article du Scientific American décrivant le premier hologramme. Ce fut la révélation: le concept holographique apportait une solution aux problèmes avec lesquels il se débattait.

L'un des éléments qui rendent possible la technique holographique est connu sous le nom d'interférence. Il s'agit de la structure entrecroisée qui se manifeste quand deux ondes ou plus viennent à se rencontrer. Jetons un caillou dans l'eau, nous allons voir s'élargir autour du point d'impact une série de rides concentriques. Laissons tomber deux ou trois cailloux, chacun d'eux est la source d'ondulations qui s'éloignent concentriquement des points d'impact, avec des entrecroisements qui paraissent chaotiques. En fait, l'interaction des différentes rides crée ce que l'on appelle un système de franges d'interférences. Imaginons que nous congelions rapidement la surface de l'eau, nous obtenons un enregistrement de ces franges d'interférences, un hologramme. Pour faire réapparaître les cailloux, il nous suffira d'illuminer le bloc de glace avec une lumière cohérente, de même longueur d'onde que les ondes initiales, et de regarder au travers la glace: nous verrons ces trois cailloux suspendus en l'air. Un hologramme est donc une mise en mémoire sous forme vibratoire, interférentielle.

 

Holographie écriture Holographie écriture

                

Un hologramme est obtenu par la division d'un unique rayon de lumière cohérente en deux faisceaux distincts. Le premier va rebondir sur l'objet à reproduire, dans cet exemple une pomme. Le second, acheminé par un jeu de miroir, entre en collision avec les ondes lumineuses diffractées du premier. Il en résulte un système de franges d'interférence qui va s'enregistrer sur une émulsion photosensible.

Fragment d'émulsion holographique contenant une image codée. À l'oeil nu, ce qui se présente sur le film n'a rien à voir avec l'objet photographié et n'offre que l'apparence d'un jeu de rides irrégulières : les systèmes de franges d'interférences. Il n'en reste pas moins que, sous l'éclairage d'un troisième laser, l'émulsion restituera l'image tridimensionnelle de l'objet en question.

Une gorgée de thé sur une bouchée de petite madeleine provoque soudain chez Proust la remontée d'un flot de souvenirs d'enfance. Il n'est probablement personne qui n'ait vécu ce genre d'expérience où le parfum d'un plat, la réapparition d'un objet dont on avait oublié jusqu'à l'existence font brusquement resurgir quelque scène du passé.

Pour éclairer cette fonction associative de la mémoire, il est une autre technique d'enregistrement des hologrammes. On projette simultanément du rayon laser scindé sur deux objets distincts - un fauteuil et une pipe, par exemple. Les ondes lumineuses diffractées par chacun sont ensuite amenées à se heurter, le système de franges d'interférences résultant de la collision s'enregistrant sur l'émulsion. Par la suite, chaque fois que le faisceau de lecture passera par le fauteuil avant d'atteindre la plaque, une image en trois dimensions de la pipe apparaîtra. Inversement, si le faisceau est d'abord braqué sur la pipe, l'hologramme suscité sera celui du fauteuil. Un fonctionnement holographique du cerveau expliquerait ainsi que certains objets soient associés à des fragments précis du passé.

Cependant, Pribram restait conscient du peu d'intérêt de toute construction théorique en l'absence de justifications plus solides. Ces dernières lui furent apportées par un chercheur au départ réfractaire à ses thèses - en particulier à cette absence de localisation précise des souvenirs dans le cerveau -, le biologiste Paul Pietsch de l'université de l'Indiana.

Pour démontrer que Pribram se fourvoyait, Pietsch élabora un protocole d'expériences sur des salamandres, des travaux précédents lui ayant révélé la possibilité de décérébrer ces batraciens sans les tuer, sans autre conséquence qu'une apathie totale dont l'animal sortait dès qu'il avait récupéré sa matière grise.

Il raisonnait ainsi : en l'absence de localisation spécifique dans le cerveau, la manière dont on replaçait celui-ci dans la boite crânienne ne pouvait que rester sans incidence sur le comportement - mettons alimentaire - de l'animal. Ce comportement se modifiait-il que la théorie de Pribram s'effondrait. Il remonta donc les hémisphères cérébraux de son cobaye en les inversant et eut la surprise de le voir reprendre aussitôt sa quête de nourriture.

Il prit alors une autre salamandre dont il remonta cette fois le cerveau sens dessus dessous : l'animal s'obstina dans son comportement alimentaire. Au cours de plus de sept cents essais, il trancha, découpa, cisela et même hacha menu l'encéphale de ses malheureux cobayes, mais chaque fois qu'il remettait en place les vestiges, leur comportement revenait à la normale.

Ces observations, et toutes celles qui vinrent les confirmer par la suite, convertirent Pietsch à la théorie qu'il avait voulu prendre en défaut. Il commente cette expérience, et donne un compte rendu détaillé de l'ens ble de ses travaux, dans un ouvrage tissé d'aperçus fascinants : Shufflebrain (Méli-mélo cérébral).

Mais la nature décrit et fait aussi bien que les expériences de Pietsch. Dans son beau livre  Dieu des fourmis, Dieu des étoiles, Rémy Chauvin raconte l'histoire quasi invraisemblable d'une philanthe. A peine sortie de l'œuf, la larve pénètre dans le grillon paralysé mais toujours vivant que sa mère, prévoyante, a déposé tout près d'elle comme réserve de nourriture. Pour assurer l'avenir d'une descendance qu'elle ne connaitra pas, la génitrice adulte a placé, à côté de sa ponte, l'insecte qu'elle a paralysé en enfonçant son aiguillon en un point précis de son corps. La philante à peine éclose quant à elle, pénètre dans le réservoir nourricier de la victime paralysée et s'y introduit par le point précis où sa génitrice a enfoncé l'aiguillon. Des expériences l'ont prouvé: la guêpe connaît cet endroit et le vise parfaitement lorsque vient son tour de préparer le garde manger de sa progéniture. Elle en a mémorisé l'emplacement quand elle était larve. Le site de pénétration a pu être modifié au gré des laborantins. La petite bête le retrouve, se comportant comme si  elle se souvenait de l'acte ayant eu lieu alors qu'elle n'était qu'une larve. Mais ce n'est pas le cas, dans sa mue au moment de conquérir la forme  imago, tout son corps se liquéfie. De son organisme antérieur, il ne reste qu'une mousse blanchâtre. Le système nerveux disparaît totalement, effacé par ce lessivage physiologique. L'organisme se reconstruit à partir de petites cellules réparties ça et là. Il ne peut y avoir d'impression mnémonique qu'hologrammique.

Alors que, formulées pour la première fois en 1947, les théories autorisant le développement de l'holographie débouchaient enfin sur des applications pratiques (et valaient à leur auteur, Dennis Gabor le prix Nobel de physique), celles de Pribram bénéficièrent vers le début des années soixante-dix d'un soutien expérimental encore plus net. Lors de sa première intuition du concept holographique, Gabor n'avait pour objectif que de perfectionner les microscopes électroniques, instruments tout à fait primitifs et défectueux à l'époque. Son approche était mathématique, et il se servait d'un type de calcul conçu par un mathématicien français du XVIII siècle, Joseph Fourier.

En bref, Fourier avait trouvé le moyen de convertir toute structure, quelle que fût sa complexité  en un langage de formes d'ondes élémentaires. Il montrait aussi comment on pouvait, à partir de ces formes d'ondes, restaurer la structure d'origine. Les équations qu'il développa pour convertir des images en formes d'onde et vice versa ont reçu le nom de « Transformations de Fourier ».

Celles-ci permirent à Gabor de consigner les informations relatives à l'aspect d'un objet dans les systèmes de franges d'interférences enregistrées sur l'émulsion photographique. Elles lui donnèrent également le moyen de retranscrire ces systèmes de franges d'interférences en image tridimensionnelle de l'objet original. En fait, la caractéristique de l'hologramme de contenir le tout dans chacune de ses parties est l'un des sous-produits obtenus quand l'apparence d'un objet ou sa structure est traduite dans le langage de formes d'onde élaboré par Fourier.

Au début des années soixante-dix, donc, divers chercheurs entrèrent en relation avec Pribram pour lui faire part de leur découverte : à savoir que le cortex visuel jouait en quelque sorte le rôle d'un analyseur de fréquences. La fréquence mesurant le nombre d'oscillations d'une onde par seconde, on pouvait en déduire que le cerveau fonctionnait un peu comme un hologramme.

Mais ce ne fut pas avant 1979 que Russel et Karen De Valois, neurophysiologues à Berkeley, firent la découverte qui devait régler la question. Des recherches menées dans les années soixante avaient montré que chaque cellule du cortex visuel est programmée pour répondre à un type précis de saisie de l'espace: certaines sont activées quand le regard se projette à l'horizontale, d'autres quand il se déplace verticalement, d'autres encore pour les différentes orientations d'oblique et ainsi de suite. Bon nombre de chercheurs en avaient donc conclu que le cerveau collecte ces données en provenance de cellules hautement spécialisées - baptisées par eux détecteurs de structures - et qu'il les agence pour nous donner notre perception visuelle du blanc décrivant sur l'écran noir des mouvements complexes et fluides. Désireux de quantifier ses découvertes, Bernstein convertit ces lignes de points en formes d'onde et eut la surprise de constater que ces dernières comportaient des structures cachées permettant de prédire le mouvement suivant d'un sujet un centimètre à l'avance.

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Le chercheur russe Nikolai Bernstein marqua de taches blanches le corps de danseurs dont il filma les évolutions sur fond noir. Ces mouvements, convertis en formes d'ondes, se révélèrent analysables par les équations de Fourier. Celles dont s'était servi Gabor pour inventer l'holographie.

Quand Pribram eut connaissance des travaux de Bernstein, il en saisit aussitôt les implications. Il se pouvait que les mouvements du sujet n'aient révélé leurs structures cachées qu'après l'analyse harmonique pour la simple raison que le cerveau les enregistrait ainsi. C'était une voie de recherche particulièrement excitante car, si le cerveau analysait tout mouvement en le réduisant à ses composantes fréquentielles, la rapidité avec laquelle nous maîtrisons tant de tâches physiques complexes trouvait là son explication. Or l'apprentissage de tant de compétences physiques sur ce mode global et spontané reste un mystère dans l'hypothèse d'un cerveau stockant l'information donnée par donnée. Mais on comprend mieux si l'on imagine ce même cerveau procédant à l'analyse harmonique des tâches requises et s'en pénétrant comme d'un tout.

Or, la lumière gravitationnelle, support de l'univers et découverte d'Einstein, est hologrammique comme le démontre le physicien Popp. Plus simplement, lorsque au travers de lunettes hologrammiques ( que vous pouvez vous procurer au musée d'hologrammie), vous observez un point lumineux, vous mettez en évidence des fragments "d'arc en ciel" qui suggèrent deux axes perpendiculaires et deux axes diagonaux. Par contre si vous regardez la lumière du jour, c'est un aspect "réticulé" qui vous sera offert, tel que le présentent les astrophysicien dans leurs travaux. La loi d'harmonie universelle affirme que sur les axes que nous ont suggéré les huit fragments d'arc en ciel, peut se mesurer la totalité des vibrations de l'univers. Or, la peau est décrite à la fois comme un corps qui absorbe et émet toutes les radiations et comme un "réticulum". Il est donc possible d'y retrouver les mêmes structures. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

David Bohm

Dès les années soixante-dix, Pribram avait rassemblé assez d'indices probants pour être convaincu de la validité de sa théorie. En outre, dans le cadre du laboratoire, ses concepts lui avaient fait découvrir que des neurones isolés du cortex moteur répondaient à une bande de fréquence précise, ce qui ne fit qu'étayer ses conclusions. Toutefois, une nouvelle question se posait : si le réel s'inscrit dans notre cerveau, non sous l'aspect d'une image photographique mais sous celle d'un hologramme, de quoi est-ce l'hologramme ? Car, dans les taches floues d'une série de systèmes d'interférences enregistrées, on serait en droit de se demander où est le réel ? Dans l'apparent monde objectif capté par l'appareil et par l'observateur ou dans les franges d'interférences enregistrées par la caméra/cerveau ?

A la limite, le modèle holographique ouvre sur l'éventualité que le monde des choses de tous les jours, du ciel, des arbres, de tout ce que saisissent nos sens, pourrait ne pas exister, du moins pas comme nous le concevons. Et si ce que les mystiques ne cessaient d'affirmer depuis des siècles était vrai, que la réalité fût « maya », illusion, qu'il n'y eût autour de nous qu'une vaste symphonie de résonances d'ondes de formes, un « espace de fréquences » attendant d'avoir pénétré nos sens pour se métamorphoser en monde tel que nous le connaissons ?

Comprenant aussi que la réponse qu'il cherchait pouvait fort bien l'attendre hors de sa discipline, il s'adressa à son physicien de fils, lequel lui conseilla de jeter un œil sur les travaux de David Bohm. Ce fut une révélation. Il ne fit pas qu'y trouver la réponse à sa question, il découvrit que, selon Bohm, l'univers entier était un hologramme.

Projetez un électron sur l'écran du téléviseur que vous venez d'éteindre ; un minuscule point de lumière apparaît à l'instant même où la particule entre en contact avec le revêtement phosphorescent du verre. Par cet unique point d'impact sur l'écran, l'électron affirme nettement son aspect corpusculaire.

Mais il peut également se dissoudre dans un brouillard d'énergie et se comporter comme s'il était une onde en train de se propager dans l'espace. Il est alors à même de faire ce dont une particule serait incapable. Ainsi peut-il, projeté sur un obstacle où l'on a ménagé deux fentes, les franchir l'une et l'autre en même temps. Et quand, sous cet aspect, plusieurs électrons se rencontrent, il en résulte un système de franges d'interférences. Bref, l'électron se manifeste indifféremment comme onde ou comme particules.

Cette polyvalence s'avère être le lot commun de toutes les particules subatomiques et même de ce qui, jadis, était tenu pour exclusivement ondulatoire. Ainsi la lumière, les ondes radio, les rayons X et gamma peuvent se changer en particules et vice versa. De nos jours, les physiciens estiment qu'il ne faudrait pas coller aux phénomènes subatomiques l'étiquette exclusive d'ondulatoire ou de corpusculaire mais en faire une simple catégorie de choses qui, de quelque manière, sont toujours les deux. Ces choses, ils les nomment quanta. Selon eux, l'univers en est tissé.

Et ces quanta n'ont pas fini de nous surprendre car tout porte à croire qu'ils ne se manifestent comme particules que lorsqu'on les regarde, la pratique expérimentale suggérant qu'un électron sans témoin est toujours une onde. A cette conclusion, les physiciens ne sont parvenus qu'après avoir élaboré et suivi divers protocoles visant à déduire le comportement d'un électron que rien ni personne n'observe. Encore ne fait-elle pas l'unanimité puisque Bohm, comme nous le verrons, est partisan d'une autre interprétation.

De nouveau il semble qu'il y ait là plus de magie que nous n'avons eu coutume d'en attendre du monde naturel.

Au Berkeley Radiation Laboratory, Bohm entama en effet ce qui devait devenir son travail décisif sur les plasmas. Un plasma est un gaz doté d'une haute densité d'électrons et d'ions positifs, atomes de charge positive. À sa grande surprise, il constata que les électrons, dès qu'ils appartenaient à un plasma, cessaient de se comporter comme des individus pour se conduire comme de simples éléments d'un tout plus vaste et interconnecté. Tout en donnant dans leurs déplacements individuels l'impression d'être erratiques, ils étaient capables, par vastes collections d'électrons, de produire des effets témoignant d'une organisation surprenante. Tel un protozoaire, le plasma se régénère en permanence et isole toute impureté à la manière dont un organisme biologique enkyste un corps étranger. Bohm fut frappé par ces propriétés organiques qu'il devait avouer plus tard avoir plusieurs fois eu le sentiment que la mer d'électrons était « vivante ».

Sur la fin des années cinquante, Bohm était en Angleterre, chercheur à l'université de Bristol. Là, avec l'aide d'un jeune étudiant, Yakir Aharonov, il découvrit - nouvel exemple flagrant d'interconnexion non locale - que, dans des circonstances favorables, un électron était capable de « sentir » la présence d'un champ magnétique dans un secteur où la probabilité de trouver l'électron est égale à zéro. Lorsque les deux hommes publièrent leur découverte de ce phénomène désormais connu comme l'effet Aharonov-Bohm, bon nombre de physiciens refusèrent d'y croire.

Le faible écho rencontré par les idées qu'il exprimait sur les notions de plénitude et de non-localité, ainsi que les difficultés à pousser plus loin, l'amenèrent à se concentrer sur d'autres voies. Il en vint donc, dans les années soixante, à examiner de plus près la notion d'ordre. La science classique répartit généralement les choses en deux catégories, selon qu'un ordre se manifeste dans l'agencement de leurs parties ou que semble y régner, sinon le chaos, du moins l'aléatoire. Flocons de neige, ordinateurs et organismes vivants appartiennent à la première ; à la seconde, une série de numéros sortant à la roulette, le dessin que forme une poignée de grains de café jetés à terre et celui des décombres à la suite d'une explosion.

Creusant la question, Bohm constata l'existence de divers degrés d'ordre. Certaines choses étaient beaucoup plus ordonnées que d'autres, et il n'était pas interdit d'en déduire que l'univers fût ainsi hiérarchisé à l'infini. Bohm en arriva à se demander si l'idée même de désordre n'était pas une illusion. Ce qui nous semble désordonné pourrait bien ressortir à un « degré d'ordre infiniment supérieur », au point de revêtir pour nous l'aspect du hasard.

Alors qu'il était plongé dans ce genre de concepts, Bohm vit à la télévision la démonstration d'un cylindre rotatif glycériné. Dans la glycérine dont on avait rempli le mince espace entre le cylindre et le récipient, une goutte d'encre flottait, immobile. Tournait-on la manivelle actionnant le cylindre - et c'était là ce qui avait retenu l'attention de Bohm -que la goutte d'encre s'étirait dans le liquide sirupeux jusqu'à disparaître. Il suffisait toutefois d'inverser le mouvement pour voir ce filet coloré se rétracter sur lui-même et reformer la goutte primitive.

« J'y vis tout de suite une illustration de la notion d'ordre puisque la goutte d'encre, dispersée dans la glycérine, conservait un ordre "caché" (c'est-à-dire non manifeste) susceptible de réapparaître lors de sa reconstitution, mais le langage courant aurait également pu décrire cette diffusion comme un "désordre". J'en vins donc à penser qu'il devait y avoir là l'indice d'une autre manière d'envisager l'ordre. »

De même l'hologrammie offrait à Bohm de nouvelles perspectives à la compréhension de ce qu'est l'ordre. Comme la goutte d'encre dans son état diffus, le système de franges d'interférences enregistré sur la plaque sensible donnait une impression de désordre à l'œil nu. L'un comme l'autre n'en comportaient pas moins un ordre caché, inveloppé, comme l'est celui d'un plasma dans le comportement apparemment aléatoire de chacun de ses électrons.

Bohm acquit peu à peu la conviction que l'univers puisait vraiment son mode opératif dans des principes holographiques, qu'il n'était somme toute qu'un gigantesque hologramme en perpétuel échange. Ses premiers articles sur le sujet remontent au début des années soixante-dix, mais en 1980, il écrivit une étape plus mûre de sa réflexion dans un remarquable ouvrage : Wholeness and the Implicate Order (La plénitude de l'univers).

Il affirme  que la réalité tangible de tous les jours n'a pas plus de substance qu'une image holographique. De même que cette dernière, réelle ou virtuelle, émane en fait du système de franges d'interférences enregistré sur la plaque sensible, les corps et apparences de notre monde matériel ne cesseraient de sourdre d'un niveau de réalité sous-jacent, d'un ordre plus fondamental pour lequel Bohm a forgé le néologisme « implié » - on y retrouve les notions d'enveloppé, de plié, d'implicite -, qualifiant parallèlement notre propre plan d'existence d'ordre explié, développé, déplié, explicite.

Il voit la manifestation de toutes choses dans l'univers comme le fruit d'enveloppements et de développements, de pliures et de dépliures sur l'interface entre ces deux ordres. Ainsi estime-t-il qu'un électron n'est pas un objet mais une totalité enveloppée dans l'ensemble de l'espace. Un instrument détecte-t-il la présence d'un électron isolé, c'est seulement parce qu'un aspect de l'ensemble électron vient de s'explier à cet endroit précis comme la goutte d'encre resurgit des pliures de la glycérine.

Autre illustration du jeu entre implié et explié, la plaque holographique et l'image qu'elle génère. La plaque ressort à l'ordre implié parce que l'image qui y est enregistrée sous la forme d'un système de franges d'interférences est une totalité cachée, inveloppée dans les plis d'un tout. L'hologramme qui s'en projette appartient, lui, à l'ordre explié, ne représentant qu'une version perceptible, développée de l'image.

La constance du flux entre les deux ordres expliquerait que des particules comme l'électron de l'atome de positronium puissent changer de nature. L'électron qui semble se transformer en photon pourrait en fait « se renvelopper dans l'implié » dans l'instant même où s'en déploie le photon qui prend sa place. Qu'un quantum ait le choix de se manifester comme onde ou comme particule deviendrait également acceptable. Bohm voit les deux aspects en permanence impliés dans l'ensemble quantique mais, selon lui, la manière dont l'observateur interagit avec cet ensemble dicte lequel va rester caché et lequel va se rendre explicite.

Toutefois, le terme « hologramme » désignant d'habitude une image de type statique et rendant mal le dynamisme, l'incessante activité des enveloppements et déploiements qui, à tout instant, créent notre univers, Bohm préfère parler non d'hologramme mais d'« holomou-vement ».

L'existence d'un ordre profond régi par des principes holographiques expliquerait aussi l'aspect non local pris par le réel au niveau subquantique. Nous l'avons vu, ce qui est organisé sur le mode holographique voue à l'échec toute tentative de localisation.

Mais de toutes ces idées, les plus vertigineuses sont celles que Bohm a poussées dans leurs ultimes développements autour du concept de plénitude. Débiter le réel en composants puis leur coller une étiquette est toujours arbitraire, n'a valeur que de convention, les particules atomiques, comme tout ce qui existe au monde, n'étant pas plus distinctes l'une de l'autre que les motifs d'un tapis d'Orient.

Déjà Einstein avait parlé de continuum espace-temps.  Pour Bohm, dans l'univers, il n'est rien qui n'appartienne à un continuum, l'apparente séparabilité des choses dans l'explié recouvrant en fait l'extension sans faille de chacune d'elles à chaque autre, implié et explié finissant eux-mêmes par se fondre.

Il ne faudrait pas pour autant s'imaginer que l'univers est une masse indifférenciée : on peut faire partie d'un tout indivis et garder ce que l'on a d'unique. Pour illustrer son propos, il nous invite à réfléchir sur les petits tourbillons qui se forment à la surface d'un cours d'eau. Si la première impression qu'ils nous donnent est celle d'objets séparés, avec leurs caractéristiques individuelles, dimensions, direction et vitesse de rotation, etc., un examen plus attentif ne manque pas de nous, mettre devant l'impossibilité d'établir une frontière nette entre tourbillon et rivière. Bohm ne suggère donc pas que les différences entre les « choses » soient dénuées de sens, il veut seulement que nous soyons conscients en permanence du principe suivant : distinguer des « choses » dans les divers aspects" de l'holomouvement n'est jamais qu'une abstraction, une technique utilisée par notre mode de pensée pour faire ressortir ces aspects dans nos perceptions. Au terme de « choses » pour décrire les divers aspects de la manifestation, il préfère en conséquence substituer celui de « subtotalités relativement indépendantes » .

De fait, Bohm estime que notre tendance presque universelle à fragmenter le monde, à ne pas tenir compte de l'interconnexion dynamique globale qui le nourrit, est à l'origine de la plupart de nos problèmes, de ceux qui se posent dans les sciences et, plus grave encore, dans notre vie de tous les jours et dans notre univers social.

Si nous avons vu Bohm rejeter que les particules puissent n'exister que lorsqu'on les observe, il n'a rien contre la tentative de réconcilier psychisme et sciences physiques. Mais il dit, une fois de plus, qu'il y a là aussi fragmentation de la réalité en posant qu'une chose, la conscience, interagit avec une autre chose, la particule subatomique.

En fait, Bohm estime que la conscience est une forme plus subtile de matière et que toute relation entre les deux modes ne se situe pas sur notre plan du réel mais dans les profondeurs de l'ordre implié. La conscience est présente à divers degrés d'enveloppement et développement dans toute matière, et c'est peut-être pourquoi les plasmas ont tant de traits communs avec le vivant. Comme il le souligne : « L'aptitude structurelle à être actif est la caractéristique essentielle de l'esprit, or, sous ce rapport, nous avons déjà quelque chose qui lui ressemble avec l'électron ».

De même, il ne voit pas plus de sens à opposer le vivant au non-vivant. Les deux règnes s'interpénètrent ; leurs frontières sont imprécises. La vie est partout dans les replis de l'univers, attendant de s'épanouir. Même une pierre est pour ainsi dire vivante, selon Bohm, vie et intelligence ne se rencontrant pas seulement au détour de toute matière mais aussi dans « énergie », « espace », « temps », « texture de l'univers », et autres catégories qu'il nous plait d'abstraire de l'holomouvement pour y voir à tort des réalités distinctes.

L'idée que la conscience et la vie (toute chose en fait) sont des globalités réparties dans la globalité du réel s'assortit d'un corollaire non moins vertigineux. De même chaque fragment de l'hologramme contient l'image dans sa totalité, l'univers est tout entier dans chacun de ses plis. Saurions-nous comment l'atteindre que la nébuleuse d'Andromède s'ouvrirait à nous sous notre ongle. Et nous pourrions assister à la première rencontre entre César et Cléopâtre puisque l'ensemble du passé comme l'ensemble de l'avenir sont l'un et l'autre impliés en chaque point de l'espace et du temps. Chaque cellule de notre organisme englobe le macrocosme.

Bohm ne croit pas qu'une théorie, y compris la sienne, puisse être exacte dans l'absolu. Ce ne sont jamais que des approximations du réel, des cartes finies et fragmentaires pour tenter de nous repérer sur un territoire à la fois infini et indivis. Aucun scientifique ne peut nier ce fait. Cela ne veut pas dire que sa théorie échappe à l'expérimentation. Il est convaincu que, dans l'avenir, des techniques seront élaborées qui permettront à ses idées d'être soumises à l'épreuve des faits. Quand il fait l'objet de critiques sur ce point, il souligne d'ailleurs que nombre de théories en vigueur dans la physique contemporaine - comme celle des « supercordes » exposée par Stephen Hawkins - risquent de rester expérimentalement invérifiables encore plusieurs décennies.

Les milieux de la physique quantique ont dans l'ensemble accueilli les idées de Bohm avec scepticisme. L'intelligence de Bohm jouit toutefois d'un respect quasi universel, sensible dans l'opinion d'Abner Shimony de l'université de Boston : « J'ai bien peur de ne simplement pas comprendre sa théorie. Elle repose sur une métaphore, et le problème est de savoir jusqu'à quel point prendre cette dernière au pied de la lettre. Toutefois, on ne saurait nier qu'il ait creusé le sujet et j'estime qu'il a rendu un énorme service à la science en portant ces questions sur le devant de la scène au lieu de les balayer sous un coin du tapis. Il a fait preuve de courage, d'audace et d'imagination . »

Cet accueil réservé n'a pas empêché d'autres physiciens - et non des moindres - d'exprimer leur intérêt pour les idées de Bohm. Ainsi peut-on citer Roger Penrose d'Oxford, à qui l'on doit la théorie moderne sur les trous noirs, Bernard d'Espagnat de l'université de Paris, dont les travaux sur les fondements conceptuels de la physique quantique font autorité dans le monde entier, et Brian Josephson de Cambridge, prix Nobel de physique en 1973. Josephson estime que l'ordre implié de Bohm pourrait un jour réintroduire la notion de Dieu ou celle d'Esprit dans le cadre opératoire de la science, réintroduction dont il se fait l'avocat dans the Reach of the mind chez Saybrook publishing company.

La lecture synoptique des concepts de Bohm et de Pribram  citée en introduction, amena ce dernier à prendre conscience que le monde objectif n'a pas d'existence, du moins pas celle que nous lui croyons. Il n'y a « là » qu'un vaste océan d'ondes et de fréquences, la réalité ne présentant l'aspect concret que nous lui connaissons qu'après lecture et traitement par notre cerveau de ce flou holographique. Maintenant, comment s'y prend ce cerveau pour convertir quelque chose d'aussi insaisissable qu'un brouillard de fréquences en objets matériels strictement délimités ?  En d'autres termes, comment distinguer le poli d'une tasse en porcelaine ou le sable sous nos pieds nus qui ne sont que des versions sophistiquées des phénomènes synesthésiques dont nous avons eu un exemple avec la madeleine de Proust? Il faut en référer au concept de  "l'enveloppe génétique" de Jean-Pierre Changeux que Rupert Sheldrake nomme "champ morphique", créant de grandes lignes sur lesquelles des processus de plasticité épigénétique génèrent de la variabilité à plusieurs niveaux: celui de la molécule, du neurone et de ses synapses (lieu de prédilection du traitement mathématique cérébral), des réseaux de neurones, des réseaux de réseaux et bien évidemment de la conscience.

Mais il ne faudrait pas croire dit Pribram, qu'il n'existe à l'extérieur de nous ni tasse en porcelaine ni grain de sable. Il se trouve simplement que la tasse a deux manières différentes de manifester sa réalité. Filtrée par les lentilles fréquentielles (champ morphique) de notre cerveau, elle révèle son aspect « tasse », mais nous débarrasserions-nous de ces verres correcteurs, nous y verrions des systèmes de franges d'interférences. Où est la réalité ? Où est l'illusion ? « Pourquoi moi, dit Pribram, les deux sont réels, ou si vous préférez, ni l'un ni l'autre ne l'est. »

Et cet état de choses ne se borne pas aux tasses. Nous-mêmes nous présentons sous deux aspects. Nous pouvons nous voir comme des corps matériels se déplaçant dans l'espace ou comme des systèmes de franges d'interférences parfaitement flous et répartis sur l'ensemble de l'hologramme cosmique. Bohm croit pour sa part la deuxième image plus proche de la vérité, car nous considérer comme un esprit/cerveau holographique en train de porter un regard extérieur sur un univers également holographique relève de l'abstraction. C'est encore une fois la tentative de séparer deux choses qui en dernier ressort ne peuvent l'être.

Quand Pribram affirme que notre cerveau construit des objets matériels, il semble proférer une évidence auprès d'une autre conclusion de Bohm : que ce même cerveau pourrait bien forger aussi dans la foulée les notions d'espace et de temps.